Citation de la semaine no 90

Le jésuite français Charles Albanel arrive en Nouvelle-France en 1649 et entreprendra, au début des années 1670, une mission dans le nord du Québec. Dans son récit de voyage, cité à plusieurs reprises par Jean-Baptiste Proulx dans son ouvrage En route pour la Baie d’Hudson (1899), Albanel raconte entre autres l’exploration du lac Mistassini. Dans la description qu’il fait de la faune qu’il découvre dans la région environnante, Albanel évoque les porcs-épics, les ours et les… originaux.

L’animal en question est bien sûr l’orignal, soit l’élan d’Amérique. Il s’agit d’un mot d’origine basque, orignac, dont les premières attestations remontent au début du 17e siècle. La confusion entre les mots orignal et original n’est pas rare dans les récits de voyage de l’époque. Et cette confusion n’est pas sans conséquence puisque certains dictionnaires français enregistrent le mot original dès le 18e siècle et continuent à le faire jusqu’au 20e siècle ! La forme n’a toutefois jamais été bien implantée dans l'usage.

[Le lac Mistassini] est si grand […] qu’il faut vingt jours de beau temps pour en faire le tour. Il renferme quantité de belles îles, du gibier et du poisson de toute espèce ; les originaux, les ours, les caribous, les porcs-épics, les castors y sont en abondance.

Source de la citation :

Relation du père Albanel, citée dans Jean-Baptiste Proulx (1899), En route pour la Baie d'Hudson, Tours, Alfred Mame et fils, p. 136. [Corpus CLIQ]

La rivière Mistassini (photo de Cephas)

Photo de la rivière Mistassini

Un orignal (photo d'Albert Courtemanche, 1962, BANQ)

Photo d'un orignal