Citation de la semaine no 89

Vous connaissez sans doute la célèbre réplique du personnage culte d’Elvis Gratton, interprété par le regretté Julien Poulin : « Moi, je suis un Canadien québécois. Un Français canadien-français. Un Américain du Nord français. Un francophone québécois canadien. Un Québécois d’expression canadienne-française française ».

Ces propos rappellent que la quête et l’affirmation identitaires des francophones du Québec ont donné lieu à une foule d’appellations (ou ethnonymes) tout au long de leur histoire.

Aujourd’hui, le mot québécois, dont l’usage s’est répandu à partir des années 1960, est devenu le plus courant. Cela dit, le mot est plus ancien car il est attesté depuis le milieu du 18e siècle pour désigner les habitants de la ville de Québec.

Ce sens est illustré dans la citation d’aujourd’hui qui date de 1853 et qui oppose les Québecquois (selon la graphie de l’époque) et les Montréalistes (un mot qui n’est plus utilisé de nos jours).

Cela n’empêche pas que les Montréalistes ne considèrent toujours les Québecquois avec un certain air de protection narquoise et ne lèvent les épaules de pitié devant les progrès à pas de tortue, disent-ils, de l’ancienne capitale, et cela, quelquefois avec raison ; mais souvent bien à tort.

Source de la citation :

Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1853), Charles Guérin : roman de moeurs canadiennes, Montréal, G. H. Cherrier/John Lovell, p. 354. [Corpus CLIQ]