Citation de la semaine no 153

L’album Les voyages de Ladébauche autour du monde, publié par Albéric Bourgeois en 1919, est une source particulièrement intéressante pour l’étude de la langue populaire du début du siècle. Dans l’extrait qui suit, le personnage principal, le Père Ladébauche, raconte sa visite chez un rebouteux, c’est-à-dire un guérisseur.

On trouve dans la citation une attestation du mot escareux. Ce mot, qui pouvait être utilisé comme nom ou comme adjectif, prenait le sens de « prétentieux ». Il était utilisé entre autres pour parler d’une personne qui utilise un langage affecté ou châtié.

Le mot, qu’on trouve aussi avec les graphies escâreux ou escarreux, est défini dans le Glossaire du parler français du Canada (1930), mais sans précision à propos de ses origines. La plus ancienne attestation remonte à 1882 dans un compte rendu du Glossaire d’Oscar Dunn. L’auteur de ce compte rendu, Jules-Paul Tardivel, reproche à Dunn de ne pas avoir inclus dans son répertoire de canadianismes.

C’est pas des choses à rire, faut aller voir quelque rebouteux et te faire raffistoler (les docteurs, vous savez, j’ai pas confiance là-dedans, c’est trop escareux).

Source de la citation :

Source : Albéric Bourgeois (1919), Les voyages de Ladébauche autour du monde, Montréal, A. & N. Pelletier, s. p. [Corpus CLIQ]

Illustration tirée de l'album «Les voyages de Ladébauche autour du monde» (1919).