Citation de la semaine no 157
9 octobre 2026
Né à Montréal en 1912, Maurice H. se remémore un de ses jeux d’enfance, le jeu de billes. Il utilise les mots marbres et allées (à écouter sur la chaîne YouTube du Fonds) pour désigner les petites pierres colorées servant au jeu, généralement faites de verre, de pierre ou d’argile.
Plusieurs glossaires et dictionnaires québécois publiés entre les années 1880 et 1960 enregistrent les mots marbre et allée utilisés par Maurice pour désigner les billes. Le dictionnaire de J.-A. Manseau signale l'exemple J’ai une belle allée. Et pour sa part, Louis-Alexandre Bélisle donne, dans son dictionnaire paru en 1957, la phrase Les enfants jouent aux marbres dans la ruelle.
Dans la mesure où l’anglais connaît les mots marble et alley pour désigner les billes, l’usage de marbre et allée est souvent attribué à l’influence de cette langue. Si cela est en effet le cas pour allée, le mot marbre vient plutôt d’un usage régional français qui rappelle simplement une matière parfois utilisée pour fabriquer des billes.
Ainsi, le lexicographe français Littré note dans le supplément de son dictionnaire : « Dans plusieurs provinces, un marbre [désigne] une bille avec laquelle jouent les enfants, à cause que les billes sont souvent en marbre ».
Bien dans ce temps là on jouait aux marbres là. <Aux quoi ?> Aux marbres. Bien des billes là. Oui. Ils appelaient ça des marbres, des allées.
Source de la citation :
Henrietta Cedergren, Gillian Sankoff et David Sankoff (1971), « Entrevue Maurice H., 28'71 ». [Corpus Montréal 1971]