Citation de la semaine no 107
16 mai 2025
Le Québec souligne lundi prochain la Journée nationale des patriotes, en mémoire de la lutte menée par les Patriotes en 1837-1838 pour l’établissement d’un gouvernement démocratique. Violemment réprimé par Londres, le mouvement sera défait en 1838 alors que de nombreux patriotes seront emprisonnés, déportés et, pire encore, exécutés.
C’est le cas du notaire Chevalier de Lorimier, un des leaders du mouvement. Son exécution a eu lieu devant la prison du Pied-du-Courant, à Montréal, le 15 février 1839. Dans une lettre touchante adressée à son épouse Henriette, et rédigée quelques heures à peine avant sa pendaison, de Lorimier fait ses adieux à sa femme et à ses enfants. C’est la dernière d’une série de douze lettres rédigées par de Lorimier dans la nuit précédant sa pendaison.
Ces lettres ont été reproduites, sous le titre de « Dernières lettres d’un condamné », dans le Répertoire national de James Huston, publié quelques années après l’événement tragique. Les quatre volumes de ce Répertoire sont actuellement en préparation pour être intégrés au Fonds.
[...] du fond de mon froid, humide et solitaire cachot, entouré de tous les appareils de la mort, je te fais mon dernier, oui, mon dernier adieu. Ton époux tendre et chéri, enchaîné comme un meurtrier, ses bras à la veille d’être liés, te souhaite, ma chère Henriette, le bonheur, si jamais ton cœur abîmé de douleur, puisse le goûter. […] Vis et sois heureuse !
Source de la citation :
Derniers adieux de M. de Lorimier à son épouse [lettre du 15 février 1839], dans James Huston (1848), Le répertoire national ou recueil de littérature canadienne, vol. 2, Montréal, Lovell et Gibson, p. 108.