ALEC (Atlas linguistique du Canada)

Vidéo

Accéder à la transcription textuelle de la vidéo

https://www.youtube-nocookie.com/embed/4KE3RHu2dBQ

Transcription textuelle de la vidéo

[Générique d'ouverture : Logo UdS, en partenariat avec le gouvernement du Québec. En texte apparaît : ALEC (Atlas linguistique du Canada), ainsi que les logos du CRIFUQ et du Fonds de données linguistiques du Québec.]

[Gaston Bergeron, linguiste et coauteur de l'ALEC] :

ALEC, Atlas linguistique de l'Est du Canada, c'est un objet patrimonial irremplaçable, unique, historique même, puisque ça n'existe plus cette façon de parler, en fait cette époque du parler.

C'est un inventaire très large du vocabulaire fondamental de nos gens de la campagne. Il y a eu une modernisation fulgurante et voilà, on voulait presque oublier la campagne et les termes ruraux, plus particulièrement les équipements.

Tout ça a commencé avec monsieur Dulong qui connaissait déjà très bien le Québec. Il avait déjà ses enquêtes expérimentales qu'il avait faites, peut-être 7, 8 ou peut-être une dizaine. 

Il a commencé par choisir les villages. Il avait des contacts. Ça nous prenait des gens nés sur place ou encore le plus près possible du village, mais qui n'avaient généralement pas beaucoup plus que 4 ou 5 années d'études, au-dessus de 70 ans la plupart du temps.

En général, dans un village, on rencontrait une dizaine de personnes, puis on en sélectionnait 5 ou 6.

Une enquête, c'était 5 jours au moins et puis des fois 2 h l'avant-midi, 2 h l'après-midi, parfois on y retournait le soir. On disait que c'était sur l'histoire du village : « comment on vivait quand vous aviez 20 ans, 25 ans, 30 ans ? », « qu'est-ce que vous faisiez comme travail ? », « qu'est-ce que votre père faisait ? ». Alors on les amenait par la porte historique, mais finalement, on leur demandait de raconter de façon beaucoup plus précise ce qu'ils faisaient.

On les amenait sur le terrain puis on leur demandait de nous raconter : « pour couper un arbre, qu'est-ce qu'on faisait ? Et tout ça, les outils que vous aviez ? ». Alors les gens ils racontaient avec plaisir. C'était la même chose pour les labours, pour les foins, c'était pour la construction des bâtiments.

Ce qui a pu disparaître, c'est les façons de faire, par exemple, la fabrication du savon, le rouet, la baratte à beurre, tous ces travaux-là qui relèvent du terroir en fait, le vocabulaire est disparu.

Nous autres, on notait au fur et à mesure là, parce qu'on notait en phonétique. C'était différent d'un village à l'autre. C'étaient toutes des personnes différentes naturellement. Elles racontaient une période qui m'intéressait. Ça me passionnait avec des mots qui me surprenaient, tout ça, j'en apprenais tous les jours.

C'était très agréable, j'adorais voyager au Québec, en Abitibi, sur la Côte-Nord, dans les Maritimes. Ça a été une expérience extraordinaire. Moi j'ai aimé ça, moi j'adorais ça, j'adorais ça.

[Générique de fermeture : En partenariat avec le gouvernement du Québec et logo UdS, Université de Sherbrooke.]

Description

L’Atlas linguistique de l’Est du Canada est un véritable monument de la dialectologie québécoise et contient une mine d’information sur la langue populaire parlée dans les différentes régions du Québec (169 localités en tout). Sa préparation a requis une décennie de travail et s’échelonne de 1969 (réalisation des premières entrevues) à 1980 (publication des 10 volumes).