Corpus « Sors ton vocal ! »

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Transcription textuelle de la vidéo

[Générique d'ouverture : Logo UdS, en partenariat avec le gouvernement du Québec. En texte apparaît : Corpus CFPQ (Corpus de français parlé au Québec), ainsi que les logos du CRIFUQ et du Fonds de données linguistiques du Québec.]

[Anne-Sophie Bally, professeure, Université du Québec à Trois-Rivières] :

Il s'agit du corpus « Sors ton vocal ! ». Donc c'est un corpus constitué de messages vocaux. Les messages vocaux, c'est grosso modo des textos vocaux. Donc, au lieu d'être des SMS écrits, en fait, ils sont envoyés mais sous la modalité orale.

Et leur particularité, c'est d'être souvent confondus avec des messages de répondeur alors qu'en réalité, ils sont plutôt utilisés au sein d'une conversation, dans un dialogue. Donc des gens qui sont en train d'échanger des propos sous forme souvent de questions-réponses, mais de manière orale, en différé au lieu d'être dans une conversation suivie comme on pourrait avoir en personne.

Ma certification éthique m'a permis de récolter des données de jeunes à partir de l'âge de 14 ans, ce qui est quand même assez intéressant, parce que c'est rare qu'on ait accès à la parole des aussi jeunes.

[Nadège St-Arnaud, auxilière de recherche, Université du Québec à Trois-Rivières] :

Le corpus a été constitué pour servir un projet de recherche qui avait des objectifs morphosyntaxiques. Et donc, cette orientation-là a teinté nos choix pour la transcription de certaines formes.

La transcription des bruits aussi rentre dans la transcription des messages vocaux. Les bruits nous permettent de comprendre si la personne fait autre chose ou pas en même temps. Parce que oui, quelqu'un par exemple qu'on entend dans la cuisine, on entend des sons, la télé est allumée, on entend un enfant, tu sais, qui pleure. C'est sûr que l'environnement va influencer la façon dont la personne s'exprime.

Ce qui est intéressant avec le corpus « Sors ton vocal ! », c'est que c'est de la parole spontanée non surveillée. Mon impression, c'est que dans la majorité des cas, les gens s'adressaient à quelqu'un d'assez proche : ami, famille...

Nous avons réussi à recueillir 13 heures de données sur une collecte qui a duré 6 mois. Les 13 heures sont en fait segmentées en 900 messages, parce que la durée moyenne d'un message vocal c'est 58 secondes.

Il faut savoir que même la moitié du corpus, c'est des messages de moins de 30 secondes. Ce qui est très intéressant, c'est l'accès aux collectes par science citoyenne. Donc ce qu'on entend par science citoyenne, c'est le fait de faire participer les citoyens et les citoyennes à la collecte directement en leur demandant de nous envoyer des messages.

Les aspects qui m'ont le plus intéressée, c'étaient ceux qui étaient associés à des contraintes, c'est-à-dire : « je suis en voiture, c'est le meilleur moyen de communication pour moi ». Ou alors : « c'est l'hiver, on est dehors, je ne veux pas enlever mes mitaines pour taper un texto écrit, donc je vais utiliser le SMS oral ».

J'ai eu toutes sortes de réponses assez touchantes en fait sur l'utilisation du vocal par rapport au message écrit, mais quand même majoritairement, c'était : « c'est plus rapide pour moi d'envoyer un message vocal ».

[Générique de fermeture : En partenariat avec le gouvernement du Québec et logo UdS, Université de Sherbrooke.]

Description

Les messages vocaux constituent un nouveau moyen de communication qui est apparu à date relativement récente. Le corpus « Sors ton vocal! » réunit 900 messages de ce type, tous recueillis au Québec par la méthode de la science citoyenne. Grâce à leur caractère spontané et à leur nature dialogique, ces messages permettent d’observer différents phénomènes linguistiques parfois moins bien représentés dans d’autres types de corpus oraux.