Corpus Frédéric-Landry

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[Générique d'ouverture : Logo UdS, en partenariat avec le gouvernement du Québec. En texte apparaît : Corpus Landry, ainsi que les logos du CRIFUQ et du Fonds de données linguistiques du Québec.]

[Florence Trudeau, auxilière de recherche (CRIFUQ), Université de Sherbrooke] :

Le corpus Landry, c'est un corpus particulier dans le FDLQ, parce que c'est pas un corpus ni littéraire, donc de textes, c'est un corpus audio mais d'entrevues ethnographiques, c'est pas des entrevues sociolinguistiques. 

Les enquêteurs voulaient vraiment connaître c'était quoi la vie dans l'ancien temps, et c'est un corpus d'archives. C'est d'autres personnes qui l'ont fait, entre autres Frédéric Landry, mais aussi des membres qui ont travaillé ou qui ont été bénévoles pour le Musée de la Mer entre les années 1970 et 1990.

Le Musée de la Mer, c'est un musée régional d'histoire. Sa mission, c'est de diffuser au grand public l'histoire des Îles-de-la-Madeleine.

Donc, le type de corpus, le fait que c'est des entrevues ethnographiques, le fait que c'est des entrevues d'archives, c'est pas un corpus qui est contemporain. Puis aussi le fait que ça soit une communauté rurale qui parle pas la même variété de français qu'ailleurs au Québec.

C'est une variété, le français des Îles-de-la-Madeleine, qui découle du français acadien. Donc oui, on a du français acadien au Québec.

Les entrevues étaient beaucoup faites chez les personnes. Il y avait juste l'enquêteur, parfois le participant principal était accompagné de son conjoint ou d'un frère, d'une sœur ou d'un enfant. Donc, on a tous ces cas-là dans les entrevues.

Ça a été un beau cadeau, je dirais, de ce corpus-là, d'avoir le privilège d'apprendre à connaître ces personnes-là qui ne sont plus, mais on a encore un peu d'eux par ces entrevues-là.

Ils parlaient vraiment des fonds de pêche beaucoup encore, où est-ce qu'ils allaient accoster. Par exemple, sur quel platier ou sur quel haut-fond ils allaient pêcher la morue. Ben là tu sais il y avait des fonds à morue, chaque fond avait un nom. 

Vu qu'il y avait pas de carte et tout, c'était tout appris par cœur et transmis de bouche à oreille. Donc c'est quand même vraiment important que chaque fond ait un nom un peu évocateur. 

C'est comme ça en fait qu'on a réussi à avoir certaines clés de prononciation. Ou encore pour la toponymie des noms qui n'existaient plus, qui n'étaient pas documentés mais qui étaient encore là dans la mémoire de ces personnes-là. Mais c'est la dernière génération qui a accès à ces noms-là, puis justement à ce patrimoine immatériel-là.

Donc on a pu réussir à pas mal combler les lacunes, les vides qu'on avait dans nos transcriptions. 

On a beaucoup, beaucoup de témoignages de femmes qui sont nées justement à la fin du 19e puis au début du 20e siècle. Et ça, c'est une caractéristique unique du Corpus Frédéric-Landry, cette place aussi importante qui a été faite aux femmes dans les entrevues. C'est le premier corpus patrimonial d'archives audio qui est paritaire.

Donc, on est capable d'étudier, oui, l'histoire des femmes, oui, la vie des femmes, mais aussi leur langue dans le passé, ce qui n'a pas vraiment été fait jusqu'ici.

C'est ce que je souhaite le plus, c'est que mon travail permette de conserver puis de pérenniser le contenu de ces entrevues-là.

[Générique de fermeture : En partenariat avec le gouvernement du Québec et logo UdS, Université de Sherbrooke.]

Description

Le corpus Frédéric-Landry comprend des entrevues ethnographiques réalisées entre 1972 et 1991 aux Îles de la Madeleine par l’historien Frédéric Landry. Les personnes interviewées, surtout des Madeliniennes et des Madelinots nés avant les années 1910, racontent différents aspects de la vie quotidienne aux Îles, comme la pêche, les traditions et coutumes, l’environnement et l’alimentation. Fait important, ce corpus est paritaire et inclut de nombreuses entrevues avec des femmes.